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A cause des exactions de la secte islamiste dans l’Extrême-Nord, les pouvoirs publics à travers le ministère du Tourisme et des loisirs (Mintoul), veut faire de la région du Nord-Ouest une destination touristique majeure au Cameroun en valorisant ses atouts. Dans cet entretien accordé à kmeroun.com, le délégué régional du Tourisme, Philip PEZUMBIA, présente les points saillants de la stratégie locale du Mintoul.

 

Kmeroun.com : quel est l’état des fréquentations touristiques actuelles dans la région du Nord-Ouest ?

Philip PEZUMBIA : Le Nord-ouest est un paradis en matière de tourismeC’est l’un des rares endroits au monde où aucun touriste ne voudrait visiter et revisiter. Tenez, en 2014, nous avons enregistré 45 000 touristes nationaux et internationaux. Ces données ont été comptabilisées auprès des établissements hôteliers reconnus. Ces chiffres peuvent être revus à la hausse parce que certains touristes s’installent dans les domiciles privés, d’autres séjournent dans les hôtels qui n’ont pas fourni à temps leurs chiffres, ou bien ceux qui installent leurs tentes sur les sites et repartent. Certains ne passent pas des journées entières.

 

Kmeroun.com : quels sont les potentialités touristiques de la région du Nord-Ouest ?

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P.PEZUMBIA : Le potentiel touristique du Nord-Ouest est riche et intact. Beaucoup d’hôtels répondent aux normes internationales en la matière. Leur nombre est sans cesse croissant. Sur le plan de la gastronomie, la présence des ressortissants des pays voisins comme le Nigéria, le Gabon, la Guinée Equatoriale entre autres, démontre à suffisance la richesse de notre région en matière alimentaire. Des spécialités comme le taro et sauce jaune (Achu), le couscous maïs et le légume (Fufu and Djama-djama), le couscous de manioc et le ‘’Eru’’, sont quelques exemples qui constituent le menu de nos hôtels sans oublier les plats occidentaux.

Nous pouvons nommer, entre autres pôles d’attraction, les chefferies traditionnelles  de Bafut, de Manko, de Babungo etc., avec leurs musées à masques, les lacs Oku, Awing, Wum, Nyos, les chutes de la Menchum, de Womenga.

 

Kmeroun.com : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans le développement de l’activité touristique dans votre région ?

P.PEZUMBIA : Il faut dire que notre travail n’est pas facile, parce qu’il faut faire beaucoup de sensibilisation pour amener les populations à comprendre quel gain elles peuvent tirer si le tourisme se développe dans leur la région. Beaucoup de nos sites ne sont pas adaptés. Par exemple, le touriste ne peut pas se réfugier s’il pleut au moment où il visite un site. L’autre problème majeur reste l’accessibilité dans les sites. La chefferie de Bafut, classée au patrimoine de l’Unesco s’est indignée de la baisse des visiteurs. Nous leurs avons expliqué que la raison est simple. Beaucoup de touristes étrangers ont supprimé les voyages au Cameroun du fait du phénomène de Boko Haram, estimant à tort que c’est tout le pays qui est affecté. Il y a un réel problème de sensibilisation à ce niveau.

 

Kmeroun.com : attirer les touristes au vu du contexte actuel, c’est aussi garantir leur   sécurité. Quelles mesures sécuritaires sont adoptées ?

Philip PEZUMBIA : Le Cameroun est pays de sécurité. Qu’il s’agisse de la sécurité visible ou bien des aspects invisibles. Même dans les arrondissements nous avons à la fois des forces de police et de gendarmerie. Ce qui n’était pas le cas dans le passé. Les visiteurs peuvent avoir des escortes lorsqu’ils se rendent dans les sites touristiques. Parlant des hôtels, il y a des barrières assorties de la protection des unités spéciales de gardiennage. Nous garantissons à nos visiteurs une sécurité de qualité.

 

Kmeroun.com :   Quels sont les chantiers actuellement mis en œuvre pour booster le secteur dans la région?

Philip PEZUMBIA : Nous devons féliciter la grande révolution entreprise par le ministre du Tourisme et des loisirs à travers des actions telles que : la réhabilitation des sites, les aménagements des routes qui mènent aux sites, les colonies  de vacances, la formation des maires au métier du tourisme, les séminaires sur la culture du tourisme dans les mairies, la campagne médiatique  sur le potentiel touristique de la région.

 

Interview réalisée par Augustin Tacham


 

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