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BUSINESS

C’est devenu un fait banal. Le voyageur qui n’a pas eu le temps de s’approvisionner en produits divers peut le faire dans le car de transport chemin faisant. Le phénomène prend de l’ampleur. Pour être témoin, il faut emprunter une transnationale, qui relie deux grandes villes, surtout les capitales régionales, en journée.

Mode opératoire

C’est généralement à la sortie de la compagnie de transport que l’agent commercial qui n’a ni place assise, ni ticket, fait irruption dans le car avec l’accord du conducteur. Visiblement, on le reconnait avec son sac à produits. Très courtois, son discours ne cache pas l’intention d’un homme qui veut attirer l’attention et se faire écouter. « Mesdames, Messieurs, bonjour à tous et bienvenu dans ce bus de l’agence. Excusez-moi de vous déranger. Je suis X ou Y. Je demande votre attention s’il vous plait. J’ai avec moi des produits à vous présenter».

En général ce sont des produits qui «soignent beaucoup de maladies» à les écouter. Ce sont des produits miracles jamais vus. Une présentation pompeuse qui, dans la plupart des cas, incite le client  à tester l’efficacité du médicament le temps dn voyage. C’est quelque peu extraordinaire pour un remède qui doit être pris en deux semaines qu’à la première prise que les résultats soient immédiats.

Choix du lieu de vente

Honoré Pélengo, vend les médicaments sur l’axe Yaoundé-Bamenda. « Nous avons constaté que parfois les gens n’ont pas le temps matériel de se rendre à l’hôpital ou dans une pharmacie alors qu’un mal ronge. Les Camerounais voyages beaucoup. Nous agissons plus sur cet axe à cause de sa longueur et parce qu’il relie deux régions (ouest et Nord-ouest), où des gens souffrent de certaines maladies qui ne sont pas vues ailleurs », explique t-il.   Il ajoute « c’est un moment idéal de faire la rencontre et d’expliquer posément les vertus du produits ainsi que sa posologie ».

Bienvenu Tsafack, commerce sur l’axe Douala-Yaoundé depuis deux ans. Il vent des produits alimentaires. Pour le choix du type de commerce, il estime que « les marchés sont saturés. Et puis aller dans un marché sous-entend d’autres contraintes : location d’un espace ; affronter la concurrence ; payer les impôts et autres frais. C’est lourd pour quelqu’un qui n’a que 20 000FCFA de budget » argue t-il. « Ici, je n’est de compte à rendre à personne. Mon bénéfice je ne le partage avec personne. C’est mieux ainsi ».

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Du prix de la qualité

La provenance des articles proposés n’intéresse pas Honorine. L’achat du produit dépend de deux facteurs « J’ai acheté ces produits parce que je souffre des maladies de la peau depuis plusieurs années. Les différents traitements pris n’ont été concluants. J’ai été séduite par les explications du vendeur et surtout des potentialités présentées. Qu’on dise que ce sont des produits chinois cela n’importe pas pour moi. Je veux la guérison. La pharmacie m’a déçue », explique t-elle.

Martine Anaba, a acheté des paquets de biscuits. Elle avoue avoir été touchée par le marketing. « Je n’avais pas au programme un achat quelconque de biscuits. Je crois aussi que les prix sont alléchants et il faut en profiter, même si la provenance me fait tiquer. Bon on fait avec». Honoré Pélengo, assure qu’acheter dans le bus c’est faire de très bonne affaire « La vente dans les cars se situe dans le cadre de la promotion. Vous constatez que sur les emballages, il y nos adresses respectives. Rendu à l’un de nos points de vente, le prix n’est plus le même. Nous sommes convaincus de la qualité de nos produits ».

 Il renchéri « Et si le client se présente à la boutique, sans doute qu’il est satisfait. Le produit est plus cher à la boutique parce qu’il intègre : le loyer, les taxes et impôts divers, la lumière, l’électricité, le salaire des employés entre autres charges ».

Activité lucrative

« Ce n’est pas une activité caritative. Ces gens entrent dans leur frais même si apparemment les marchandises sont abordables côté prix. Je les trouve malins. Ils commencent par établir un prix très au-dessus du prix pour se retrouver au seuil acceptable. Si pendant la transaction le client donne plus, c’est un bonus pour le vendeur », estime Serge Rodrigue Eyébé, un voyageur et client de ces produits venus pour la plupart de l’Asie, notamment de la Chine ou de l’Inde.

Honoré Pélengo, assure « Le vendeur joint les deux bouts. Lors de la sortie des produits, on reçoit des goûtés. Et si vous parvenez à vendre les goûtés, c’est un bonus. A l’entreprise l’on reçoit des formes ristournes après un certain temps de vente. De toutes les façons celui qui ne s’en sort pas abandonne».

En dehors de l’aspect nuisant de ces vendeurs qui agacent souvent, c’est moment de plaisir d’écouter ces commerçants à la crié. De véritables orateurs, qui ont appris à convaincre à force de se frotter aux clients de façon quotidienne.


 

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