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Marché boursier : Le Minfi prospecte pour la Douala stock exchange

Une opération de charme de ce ministère auprès des entreprises privées, afin de les amener à effectuer des opérations sur la Dsx.

Le ministère des Finances a lancé, depuis le 27 juillet dernier, une opération baptisée « Caravane culturelle de la bourse ». Il s’agit en effet d’une campagne de vulgarisation de la culture boursière auprès des investisseurs privés, qui donnent jusqu’ici l’impression de bouder la Douala stock exchange (Dsx), depuis le lancement effectif de ses activités en mai 2006, avec l’introduction de la Société des eaux minérales du Cameroun. Selon des sources citées par le magazine économique en ligne Investiraucameroun.com, les agents de la direction générale du Trésor vont s’atteler, pendant un mois, à présenter au public-cible les opportunités qu’offre la bourse des valeurs mobilières du Cameroun « en tant que moyen alternatif de financement des entreprises, ainsi que les mesures d’accompagnement mises en place pour encourager les opérations sur le marché financier camerounais ». Le compteur de la Dsx n’affiche que trois entreprises cotées, en près de 10 ans de fonctionnement, pour une capitalisation boursière de 500 milliards F Cfa, soit 3,25% du Pib du Cameroun contre 16% pour le secteur bancaire. Le manque de culture boursière et la cherté des prestations offertes expliquent, selon toute vraisemblance, le manque d’attractivité de la Dsx.

Interpellé sur la question en mars dernier, lors du Cameroon business forum à Douala, le ministre des Finances, Alamine Ousmane Mey, avait annoncé face aux investisseurs privés et au Premier ministre (qui préside cette plateforme de dialogue public-privé en vue de l’amélioration du climat des affaires),  qu’une stratégie de redynamisation de la bourse était en cours d’élaboration dans ses services.

Bcpme 

« On ne saurait se satisfaire de ces résultats quand on sait que le Cameroun, dont le Pib se situe à 16 000 milliards F Cfa, avec un secteur privé dynamique, doit se doter d’une économie diversifiée capable d’accélérer sa croissance pour une prospérité davantage partagée, grâce à un système financier plus performant », avait indiqué le Minfi.  

Lors du lancement des activités de la Douala stock exchange en 2006 (sa création, elle, date de 2001), le gouvernement avait projeté, pour les cinq premières années,   d’y introduire au moins dix entreprises. Près de dix ans après, seules trois entreprises y sont cotées. Il s’agit notamment de la  Société des eaux minérales du Cameroun (Semc), de la Société camerounaise de palmeraies (Socapalm), et de la Société africaine forestière et agricole du Cameroun (Safacam). Plusieurs mesures d’incitations fiscales avaient pourtant été mises sur pied par les pouvoirs publics, dans l’optique de déclencher une ruée des investisseurs vers la Dsx ; la plus importantes de celles-ci étant, à n’en point douter, celle relative à l’abattement considérable de l’impôt sur les sociétés pour les entreprises cotées. Ce train de mesures n’a pas eu beaucoup d’effets, en raison des taux d’intérêts sur crédit de la bourse, jugés plus élevés que ceux pratiqués par les banques commerciales.

Il n’est donc pas certain que l’opération de charme que vient de lancer le ministère des Finances portera des fruits, d’autant qu’elle coïncide avec l’entrée en activité de la Banques camerounaise des Petites et moyennes entreprises (Bcpme), dont les mesures au niveau du crédit semblent plus attractives.

 

altJean De Dieu Bidias


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