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Malgré les ressources financières limitées, certains chercheurs camerounais se sont lancés dans des études sur le Vih, avec parfois des résultats prometteurs.

Depuis 1981, année au cours de laquelle le virus du Sida a été découvert la recherche n’a cessé d’évoluer. Les grands laboratoires occidentaux, financés par des institutions immédiatement mobilisées pour lutter contre la maladie, ont permis d’avancer dans le sens de la protection des personnes saines, et aussi, dans le sens du traitement des personnes infectées et dépistées, bien évidemment, ayant accepté d’être prises en charge.

L’écart observé dans l’évolution de la recherche, beaucoup plus ascendante, parce que généralement menée par les chercheurs occidentaux et mise en application en Afrique, a longtemps montré une inadaptation des programmes mis en place au contexte africain. Conséquence, toutes les actions menées dans le sens de la lutte, n’ont pas permis d’enrPillules_VIHegistrer des avancées, surtout dans les 10 à 20 premières années qui ont suivi la découverte de la maladie.

Aujourd’hui, le contexte est bien différent. Grâce aux financements d’institutions comme l’Anrs, l’Oms, etc., des chercheurs camerounais, issus des centres de formation du pays ou d’ailleurs, ont été impliqués dans les travaux de recherche sur le sida, avec des résultats prometteurs, adaptés aux réalités locales. Parmi ces projets, le projet PEDIACAM I et II, coordonnés localement par le docteur Mathurin Tedjioken, épidémiologiste au Centre Pasteur du Cameroun. Ce projet, orienté vers l’impact des multi thérapies antirétrovirales et du programme élargi de vaccination sur l’évolution et la prise en charge des nourrissons infectés par le VIH1 au Cameroun, a permis des avancées importantes. Parmi lesquelles, la réduction du taux de transmission de l’infection VIH de la mère à l’enfant de 3,6%, à 0,9%, un taux comparable à celui rapporté dans les pays développés. Autre avancée importante, dans le cadre du suivi des nourrissons infectés par le VIH dépistés précocement par biologie moléculaire et mis sous traitement antirétroviral, il a observé une fréquence de 26% (donc 15 sur 57) de séronégativation.

Transfert de technologie

D’autres chercheurs de nationalité camerounaise ont fait des recherches prometteuses. Mais ces recherches restent encore loin des laboratoires, ce qui fait dire à certains que l’occident se garde le droit de travailler dans les laboratoires, et laisse l’Afrique mener de étude de terrain, comme si les africains ne pouvaient pas eux aussi, manipuler les appareils et les cobailles. Il est donc question pour eux, d’impliquer davantage les chercheurs africains dans les grands projets de recherche mis en place dans le monde, afin qu’ils apportent leur savoir- faire, mais aussi une nouvelle façon d’orienter les études, afin de permettre à la recherche d’avancer.

Car on le sait, pendant longtemps, les recherches sur le Sida ont piétiné principalement parce qu’au niveau européen, les modes de pensée et les stratégies d’étude, étaient inadaptées aux contextes, notamment ceux des pays les plus touchés. Les slogangs devenus populaires, mais restés inéfficaces comme « Pincer-dérouler », qui, visiblement voulait montrer la simplicité qu’il y avait à utiliser un préservatif, ont échoué. Les camerounais, loin de savoir comment s’utilise un préservatif, ont eu beaucoup de peine à adopter ce slogang.

Il en est de même des slogangs, valorisant le coût du préservatif, ou ceux montrant la nécessité d’aller se faire dépister.

Le rôle de la médecine traditionnelle

Il est plus que jamais temps de tenir compte des réalités locales dans les politiques de traitement des grandes pandémies. Il est également important de considérer les travaux menés par des tradi-thérapeutes africains, travaux qui, même s’ils se rapprochent du charlatanisme pour la plupart, renferment tout de même des individus, déterminants.

Le professeur Anoma Ngu, chercheur camerounais, qui déclarait il y a quelques années être capable de traiter les patients atteints de VIH, n’a, jusqu’à ce jour, bénéficié d’aucune présomption d’innocence, lui permettant de se faire entendre par ses confrères médecins. Pourtant, dans sa clinique, les patients continuent d’affluer, et certains, montés ou pas, continuent d’affirmer qu’ils y ont trouvé guérison.

Frégist  TCHOUTA


 

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